Mon Carnet

Que deviennent nos amis après notre conversion / notre réconciliation avec Dieu?

03/05/2018

Aujourd’hui, j’aimerais aborder le sujet concernant la période qui suit une conversion ou une réconciliation avec Dieu et l’impact que cela peut avoir sur notre entourage et plus spécifiquement nos relations avec nos amis.

Tu conviendras sûrement avec moi que les mois qui suivent cette décision sont autant merveilleux que challengeants. Alors qu’on pose les fondations de notre relation avec Dieu durant cette période, on se retrouve également à apprendre à organiser notre vie autrement et notamment pour que celle-ci soit en conformité avec la Parole de Dieu.

Oui ! C’est un sacré bouleversement.

J’aime comparer cette période au début d’une relation amoureuse. Cette période durant laquelle, on cherche un maximum à connaître l’autre, à lui parler, à passer encore et encore du temps avec lui. La conséquence dans un bon nombre de cas est qu’on finit par se créer une sorte de bulle à deux.

C’est pareil quand on vient ou revient à Christ tout simplement parce qu’on a faim de Dieu, on veut plus de lui, plus de ses révélations, plus de sa Parole…
Parfois, sans s’en rendre compte, on finit par se retrouver dans cette petite bulle à l’intérieur de laquelle, hormis les choses de Dieu, il n’y a plus grand-chose qui nous intéresse. Ainsi, notre entourage en vient à trouver difficilement sa place dans notre « nouvelle vie » et les premières personnes impactés sont notre famille et nos amis.

Il y a quelque temps, je me suis reposé cette question : en tant que chrétienne, devrais-je éviter d’avoir des amis qui ne sont pas chrétiens nés de nouveau comme moi ?
Il s’agit d’une question ouverte et je serai ravie de pouvoir lire ton avis sur la question 😉 .

En attendant, j’aimerais partager avec toi ma position, laquelle position est basée sur mon expérience personnelle.

En ce qui me concerne, j’ai vécu ce bouleversement dans mon quotidien après que j’aie pris la ferme décision de revenir à Dieu en 2013, j’étais tellement à fond dans le service pour Dieu, les moments de prières et autres rencontres chrétienne que je remarquais à peine la distance qui avait commencé à se créer entre certains de mes amis et moi.

Je me souviendrai toujours de cette journée où une amie m’a écrit entre autres ces mots : « J’ai l’impression que tu es dans une secte. Tout ce dont tu passes ton temps à faire maintenant, c’est prier. Tu n’écoutes plus d’autre chanson que les chants chrétiens. Tu n’es plus disponible pour passer du temps avec nous. Tu as changé. »
J’avais changé, et c’était normal. Je n’étais plus la même, car Dieu était à l’œuvre dans ma vie et mes centres d’intérêt avaient changé en majorité.

Sur le moment, ces paroles m’ont blessée. Je ne comprenais pas qu’elle ne puisse pas se réjouir avec moi de ce que je vivais pleinement ma relation avec Dieu, de ce que cela m’apportait de positif. En plus, ce n’était pas comme si j’avais pris un mauvais chemin, je servais Dieu.
Elle aussi de son côté était blessée, tout simplement parce qu’elle constatait que je ne prenais plus autant plaisir à passer du temps avec elle ou d’autre amis. Elle se sentait exclue de « ma nouvelle vie ».

Durant cette période, qui a duré un peu plus d’un an et demi, j’ai failli perdre une amie en or parce que trop occupée à être dans ma bulle de « Chrétienne engagée incomprise ».

Bien que des fois, j’ai pensé qu’il valait mieux de mettre fin à cette amitié qui commençait sérieusement à me prendre la tête, je suis reconnaissante à Dieu qui ne l’a pas permis.
Nous sommes encore amies aujourd’hui et pourtant, je n’ai pas eu besoin de la « convertir » à ma façon de concevoir la relation avec Dieu.
Je n’ai pas arrêté de servir à l’Église non plus pour sauver une amitié, je suis demeurée ferme de mes convictions tout en prenant du recul sur la situation pour pouvoir faire ma part en vue de l’épanouissement de notre amitié.
Par contre, cela m’a demandé de trouver un équilibre, entre ma vie personnelle et ma vie spirituelle pour que chacun retrouve la place qui lui est due.

En été 2016, à un (1) mois du dépôt de mon mémoire de fin d’études, je suis tombée malade quinze (15) jours alors que je n’avais rédigé que 5 pages sur les 45 minimums attendues. Durant ces moments où j’ai été tentée à plusieurs reprises de tout abandonner, cette amie fait partie des personnes qui m’ont soutenue. Je me souviens encore qu’elle restait avec moi tard le soir pour me motiver à avancer, à ne pas abandonner et me relisait alors qu’elle était dans une filière totalement opposée à la mienne.

Aujourd’hui, le groupe de jeunes chrétiens avec qui je m’étais lié d’amitié à l’époque, s’est disloqué du jour au lendemain, mais elle, elle est encore à mes côtés.

 

Cette expérience m’a permis de comprendre que ce n’est pas seulement avec des personnes partageant la même vision de l’engagement en Christ ou encore les mêmes convictions religieuses que nous arriverons à développer des relations saines et solides.
Je sais à quel point avoir des amis dans la foi est bénéfique pour notre marche avec Dieu. En effet, ensemble, on arrive à se soutenir mutuellement dans la prière, la méditation…

Pour autant, je ne pense pas que nous soyons appelés à ne tisser des liens d’amitié qu’avec nos frères et sœurs en Christ.

C’est ainsi que je comprends Matthieu 5 : 46-47 « Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains aussi n’agissent-ils pas de même ? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens aussi n’agissent-ils pas de même?… ».

Il est contradictoire, à mon sens, de vouloir impacter les autres sans vouloir marcher à leur côté. Nous sommes appelés à être des témoins de Christ, et ce, jusqu’aux extrémités de la terre. Ce n’est pas en restant qu’entre nous chrétiens que nous accomplirons cette mission. Notre vie chrétienne doit être vécut au-delà des murs de l’Église.

Pour ma part, je ne vois d’inconvénients à avoir des amis autres que des chrétiens. Chrétiens ou non, nous sommes tous humains et la vérité c’est que nous blessons et pouvons être blessés à notre tour. Le risque est le même avec tout le monde.

Je pense que ce qui importe, c’est de faire preuve de discernement dans le choix de nos amis et de sagesse, surtout, dans ces moments, en demandant à Dieu de nous guider.
De ne pas conserver des amitiés qui ont une mauvaise influence sur nous et surtout de ne pas brader nos convictions, valeur et notre relation avec Dieu pour une amitié.

Au fond qu’est ce qui importe? Convenir à notre entourage ou à Dieu?

j’ai hâte de connaître ton opinion 😉

A bientôt

Kolo

  1. C’est vrai que c’est un sujet très intéressant qu’on se pose parfois quand on est nouvellement converti ou même après et j’aime beaucoup la franchise avec laquelle tu donne ton point de vu sur le sujet. Personnellement je suis d’accord avec toi et je trouve même que c’est un peu comme un devoir pour nous puisqu’on est supposé être le sel et lumière du monde. Et effectivement comment impacter si on reste là ou il y a deja de la lumière? mais je pense que cette étape est importante quand on commence sa marche avec Christ. Tout de même je pense que la « Bulle » est importante au début car elle permet vraiment de développer quelque chose de solide avec Dieu le temps de mieux adapter sa vie à ce rand bouleversement.

    1. Merci pour ton retour Talowa, je suis d’accord avec toi que c’est important de prendre le temps au début pour poser les fondations solides de notre relation avec Dieu.
      Je pense que c’est possible de le faire tout en permettant aux autres de trouver aussi leur place dans notre quotidien.

  2. J’aime beaucoup la façon dont tu as abordé ce sujet et ça me fait réfléchir à comment j’ai vécu cette situation. Et j’ai fait exactement le contraire (pas intentionnellement mais personne n’est venue me confronter donc les relations sont mortes d’elles-mêmes). Mais il faut savoir que je suis une (très) grande introvertie qui pense que deux ou trois amies constituent un nombre suffisant, et mes amies ont une grosse influence sur moi, donc je fais très attention à qui m’entoure.

    1. Bonjour Eva,

      Merci.
      Certaines de mes relations sont mortes un peu comme toi, sans confrontation, juste d’elles-mêmes. Je pense même qu’un bon nombre de personnes sont dans ce cas de figure, on laisse  » le temps faire ou défaire la relation » c’est en quelque sorte plus simple.

      Tu as bien raison de faire très attention à ceux qui t’entoure parce qu’on le veuille ou non, nos amis nous influence d’une manière ou d’une autre.
      C’est même faire preuve de sagesse que de prendre le temps de bien choisir les personnes qui composent notre entourage.

      Au plaisir de te lire par ici ma belle.
      Kolo

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