Mon Carnet

L’appel de ma terre natale

02/04/2016

Quand j’étais au lycée et qu’on nous parlait du « Brain Drain » ou encore la « fuite des cerveaux », c’était un phénomène assez flou pour moi.
Et puis le cours des choses m’a conduit, moi aussi, à quitter ma terre natale pour poursuivre mes études dans un pays occidental.

Bien qu’ayant toujours eu à cœur, ce désir de retourner en Côte d’Ivoire après mes études, je me rends de plus en plus compte de la réalité qui pousse certaines personnes à abandonner ce projet et à rester finalement dans leur pays d’accueil.

Il y a plusieurs facteurs qui entrent en compte et certains restent légitimes.

Il y en a un qu’on ne peut vraiment pas ignorer, c’est la vie sentimentale et in fine, la famille.
Il y a une différence entre les jeunes cadres diplômés célibataires et les jeunes cadres diplômés en couple ou mariés, avec ou sans enfant.
En effet, ces derniers s’ils envisagent un retour « au pays » doivent prendre en compte leur situation et il n’est pas toujours aisé d’avoir en face un conjoint qui épouse nos choix.
Ainsi donc, l’hypothèse « d’aller à l’aventure » en retournant pour tester le marché de l’emploi dans la terre natale devient très faible.

Il y a également la question de l’attachement à la terre d’accueil. Pour ma part, mon indépendance, je l’ai acquise pendant mes années universitaires. Mon pays d’accueil a été le témoin de mon passage de l’adolescence à l’âge adulte donc de mes prises de décision les plus importantes jusqu’ici ainsi que des expériences qui ont forgé mon caractère.
Et même si je ne suis pas experte en ce qui concerne le marché de l’emploi ici, je le maîtrise plus que celui de mon pays et la raison est simple, je ne suis pas confrontée aux réalités du marché de l’emploi en Cote d’Ivoire.

Il y encore le cas des personnes qui après leur diplôme, ont pu trouver un emploi qui les satisfait et qui n’ont pas envie de rentrer « au pays » là où la stabilité de certains postes est encore au gré des prises de pouvoirs et nominations.

Alors, quand je parle avec certaines personnes de mon projet de rentrer à court terme, certaines me répondent un sourire en coin « Ne rentre pas tout de suite, tu vas te faire bouffer ! »
Non, je ne parle pas de sorcellerie ; c’est une façon de dire que la réalité du terrain me fera vite déchanter.

On me parle de rentrer avec au moins 3 ans d’expérience sur mon CV et en même temps que c’est maintenant que je dois profiter des contacts de mes parents.
On me parle également, de commencer à me créer un réseau et puis bien évidemment, il y a toujours quelques-uns pour qui je suis dans une utopie et que je serai plus en sécurité financièrement ici.

Le fait est que, même si je ne réside actuellement en Côte d’Ivoire, ce que je peux voir et lire via internet, ce que j’apprends au détour d’une conversation me donne la ferme conviction que mon avenir est dans ma terre natale.
En fait, l’appel de ma terre natale se fait de plus en plus pressant, il y a de quoi faire là-bas.

Il y a 10 ans, on disait que ma génération était l’avenir du pays,. Aujourd’hui, je crois que nous sommes le présent du pays et personnellement, je n’ai pas envie d’en devenir le passé sans avoir apportée ma pierre à l’édifice.

Il y a quelque jours, je regardais une vidéo d’un entrepreneur ivoirien et cette phrase qu’il a répétée à plusieurs reprises, je me la suis appropriée « Si les autres arrivant à le faire, c’est que je peux le faire aussi ».

Donc si les autres ont pu impacter l’histoire de la Côte d’Ivoire, de l’Afrique dans bien de domaines, je peux le faire aussi.

Une autre chose qui me booste, c’est de voir que ma génération commence à prendre plus conscience qu’elle est l’avenir du pays et j’ai hâte pour le futur lorsque je vois toutes les initiatives qui sont prises pour inciter la jeunesse à ne pas rester en marge de « l’émergence du pays ».

Je ne suis pas une experte en économie, je n’ai pas fait d’études en finance, mais j’ai ma volonté, ma détermination. Ça ne fait pas peut-être tout, mais ça me permet au moins de faire les premiers pas.

Maintenant, lorsque je pense à tous mes projets pour mon pays, je ne fixe plus mon attention sur les différents obstacles tant matériels que financiers, mais plus sur cette phrase « Si les autres arrivent à le faire, c’est que je peux le faire aussi ».

                                           J’y retournerai
                                           J’entreprendrai
                                           J’impacterai

  1. En quittant le pays, je pensais rentrer qu’après 3 ou 5 ans d’expérience en Occident et puis ma vie a pris une autre tournure, je n’avais plus d’opportunité dans mon pays d’accueil, j’en ai eu une au pays. J’y suis en famille, je suis chez moi, je me sens bien. D’autres amis sont restés parce qu’ils avaient eu des opportunités. Te sachant croyante, je sais que tu n’oublieras pas de consulter le PLAN de DIEU pour toi et que tu le laisseras t’établir là où il veut que tu sois.

      1. Très bien. Je ne « chocossais » pas on ne sent donc pas le parfum binguiste sur moi et on ne me regarde pas bizarrement. Je me suis parfaitement glissée dans la masse. Pas besoin qu’on sache que je viens de France. Je pense que la discrétion, la simplicité et l’humilité aident beaucoup dans la réadaptation. J’ai passé 8 ans à l’extérieur, le pays n’a pas vraiment changé, les ivoiriens non plus. Bref ! mon retour s’est très bien passé, grâce à DIEU.

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